La modification n°1 du plan de prévention du risque inondation (PPRI) Isère Amont a été approuvée par la Préfecture le 25 février dernier. Il semble qu’elle ait été approuvée telle quelle, sans modifications suite à l’enquête publique et sans réponses aux questions que nous avions posées.
La boite de Pandore est ouverte

L’approbation de la modification n°1 du PPRI ouvre la voie à la constructibilité de toute la zone inondable sur le bas Meylan (zone violette), de la Carronnerie jusqu’au Bas Charlaix, en passant par le boulevard des Alpes, les Buclos et Inovallée.
La modification n°1 poursuit une intention louable : améliorer la vulnérabilité des biens et des personnes. Qui pourrait être contre ? Le problème, c’est que, ce faisant, elle va permettre de reconstruire plus haut et plus dense dans certains secteurs.
C’est le PLUi (Plan Local d’Urbanisme intercommunal) qui fixe les limites et les droits à construire lorsque ceux-ci ne sont pas contraints par le PPRI, ce qui est le cas pour les zones économiques.
Or celui-ci, dans sa modification n°3, vient juste de les augmenter sur Inovallée en autorisant des hauteurs de 20 m sur certains secteurs et en favorisant la verticalisation avec un nouveau zonage qui permet la construction de bureaux indépendants au dessus de premiers niveaux d’activités productives et artisanales.
Des bâtiments de 25 m de haut ?
Eh oui ! En tenant compte des hauteurs « techniques » supplémentaires autorisées sur les toits et des « surélévations plancher pour prise en compte des risques« , ce sont bien des immeubles de près de 25 m de haut, à quelques mètres les uns des autres, que l’on pourrait voir prochainement si rien n’est fait.

Du temps gagné avec le PPCP
Un Périmètre de Protection pour Considération de Projet (PPCP) a été voté par le conseil municipal le 15 décembre dernier. La commune pourra ainsi retarder ou négocier certains projets sur Inovallée, mais des recours administratifs resteront possibles.
Pour éviter une urbanisation massive d’Inovallée qui mettrait en péril l’attractivité de la technopole et son caractère ville-parc, qui poserait de sérieuses contraintes sur les infrastructures (circulation, stationnement, sorties d’autoroute, ronds-points) et qui impacterait le cadre de vie des habitants limitrophes, une nouvelle modification ou une révision du PLUi est désormais indispensable.
Il est bien regrettable que nos précédentes alertes n’aient pas été prises en compte. Tout le travail reste à faire.
Inovallée a certainement besoin d’être rénovée et reconstruite pour rester fonctionnelle et accueillir de nouvelles entreprises, mais cela doit se faire avec des principes d’équilibre et de modération qui garantissent son identité historique et son attractivité.
Nous avions d’ailleurs questionné les candidats aux élections municipales sur ce sujet, et vous trouverez leurs réponses ici.
Nous ne souhaitons pas voir dans Inovallée une copie de l’urbanisation de la Presqu’île de Grenoble.
